Marc Thiébaud et Yann Vacher
Dans la plupart des groupes d’analyse de pratiques professionnelles (APP), une attention particulière est portée à la dynamique collective. Celle-ci peut en effet donner une sécurité, une confiance et des possibilités de croisement de regards extrêmement bénéfiques pour la démarche. Dans quelle mesure cette dynamique permet-elle le développement d’une intelligence collective favorisant l’émergence de l’inédit et de plus-values qui dépassent les apports de chacun ?
Les éléments ci-après sont extraits et adaptés en partie d’un texte paru dans un numéro spécial de la Revue de l’analyse de pratiques professionnelles
Thiébaud, M. et Vacher, Y. (2018). Explorer les dynamiques d’intelligence collective en APP favorisant l’émergence de l’inédit et de plus-values qui dépassent les apports individuels. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, No 13, pp. 4-17. https://www.analysedepratique.org/?p=3042.
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Les bénéfices du travail en groupe en APP sont souvent mentionnés par les praticiens et les auteurs du domaine.
Le fait de pouvoir travailler sur ses pratiques avec des collègues offre l’occasion de vivre une expérience collective et positive et de briser l’isolement que peuvent vivre certains professionnels. Cela leur donne la possibilité de découvrir les bénéfices d’une écoute, d’un accompagnement mutuel et d’expérimenter directement la pluralité des représentations et subjectivités à l’œuvre dans le travail.
Par ailleurs, un certain nombre d’apprentissages sont favorisés par les interactions dans le collectif ; les apports des différentes personnes dans un groupe produisent une richesse reconnue lorsqu’il s’agit de prendre du recul sur sa pratique. Dans les équipes, l’APP est également un moyen privilégié pour développer la coopération et l’entraide.
À l’issue d’une séance d’analyse de pratiques professionnelles (APP), au moment du bilan, nous observons fréquemment que l’un ou l’autre des participants utilise le terme d’intelligence collective (IC) pour qualifier ce qu’il a vécu. Cela ne nous étonne pas dans la mesure où, formés à la dynamique de groupe, à l’approche systémique et à la réflexivité de groupe, nous tendons à privilégier en tant qu’animateur d’APP les aspects collectifs. Leurs propos révèlent l’impression globale d’un dialogue, d’un respect mutuel, d’une richesse d’apports, mais ils ont le plus souvent de la peine à préciser davantage ce qui a fait intelligence collective. Le témoignage que rapporte Pierre Cieutat (2015, p. 66) évoque cette impression générale : « Écouter l’intelligence collective s’exprimer à travers nous. On emmène cela à la maison et cela nous fait grandir. »
Cependant, les écrits qui mettent en lien IC et APP sont rares et ils ne détaillent généralement pas ce lien. Par exemple, nous pouvons citer les expressions suivantes : « les rencontres d’analyse de pratiques mettent l’intelligence collective au service de l’épanouissement professionnel » ou encore « l’APP permet le développement de l’intelligence collective et de l’identité professionnelle ». La notion d’intelligence collective en APP reste floue. L’IC apparaît ainsi de façon diffuse.
On peut relever cependant quelques mentions plus précises de l’IC dans les groupes d’APP. Notamment en ce qui concerne les interactions dans le groupe sur lesquelles l’APP prend appui. Celles-ci sont caractérisées par l’accueil des différences entre les participants, la valorisation de leurs ressources, la confrontation dans la bienveillance, la mise en lien et en perspective des apports de chacun, l’authenticité des relations, des questionnements qui se fécondent mutuellement, etc.
On peut également évoquer la mention de l’IC dans certains écrits pour clarifier le rôle de l’animateur à l’égard de la création, de la régulation et de l’entretien des dynamiques d’interaction dans le groupe. Ces textes soulignent notamment l’importance d’une posture d’accompagnement, en retrait, qui permet au groupe d’expérimenter et de prendre confiance dans ses compétences collectives (voir : Rebetez, 2017, Faingold, 2014).
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Dans les lignes qui suivent, notre propos s’inscrit dans une perspective qui considère que l’IC est une plus-value potentielle pour les APP qui peut se développer à mesure que le groupe acquiert une certaine maturité. Le numéro thématique ‘Dynamiques d’intelligence collective au sein des groupes d’APP’ que nous avons coordonné s’inscrit notamment dans cette perspective (voir Thiébaud et Vacher, 2018).
Ci-après, nous explorerons successivement cinq aspects principaux évoqués dans les écrits sur l’APP qui sont susceptibles de favoriser (ou parfois de freiner) l’émergence d’intelligence collective dans les démarches d’analyse de pratiques.
1. Travail de constitution du collectif
2. Phases d’évolution du groupe
3. Dynamique et interactions de groupe
4. Intersubjectivité et altérité dans l’APP en groupe
5. Écoute empathique, questionnement constructif et réflexivité dans le groupe
1. Travail de constitution du collectif
C’est l’aspect qui apparait le plus étudié et documenté. Ainsi, dans un numéro spécial consacré à la mise en place et au démarrage d’un groupe d’APP (Thiébaud, 2017), 10 articles sur 14 abordent la manière dont il importe de prendre soin de sa constitution. À moins qu’il ne s’agisse d’une équipe de travail existante, la transformation d’une collection d’individus n’ayant aucun lien particulier en une entité qui œuvre vers des objectifs communs est une étape primordiale. Elle peut être considérée comme une condition préalable au développement d’une intelligence collective. Cela va de pair avec l’élaboration de règles et de processus concertés favorisant le respect et la reconnaissance des ressources et spécificités de chacun.
Il importe de souligner qu’un groupe d’APP ne se crée pas instantanément, un apprentissage est souvent nécessaire (voir par exemple Clerc et Roche, 2017). Selon Thiébaud, Chocat, Robo et Vacher (2017, p. 161), « au-delà du cadre, avec ses objectifs, ses principes et ses règles de fonctionnement proposés par l’animateur, ce sont une relation et une démarche impliquantes pour chacun qui devraient se construire en coopération. Différents facteurs facilitant ou freinant le bon déroulement de la première séance avec le groupe d’APP relèvent notamment de la clarification des attentes et craintes avec les différents acteurs impliqués, du recueil des représentations de chacun et de la construction progressive d’un sens partagé. »
Il est ainsi possible d’imaginer que des dynamiques d’IC émergent parfois durant cette démarche de construction progressive. Cela dépend des processus qui sont mobilisés dans ce but, notamment de la place donnée aux participants pour travailler à une co-élaboration.
2. Phases d’évolution du groupe
Les écrits concernant les phases d’évolution d’un groupe d’APP sont, quant à eux, beaucoup moins nombreux. Par quelles phases un groupe d’APP passe-t-il au fil du temps ? Qu’est-ce qui les caractérise ? À quel moment un groupe est-il plus à même de développer de l’intelligence collective ? L’évolution d’un collectif dans la durée a été largement étudiée en revanche dans la littérature plus générale sur les groupes et les équipes de travail. Les auteurs s’entendent généralement pour considérer quatre phases principales :
- Le contact (forming) : chacun vient avec plus ou moins de peur devant l’inconnu, sans s’engager fortement ; dans la majorité des cas, la dépendance vis-à-vis de l’animateur est grande. Il est donc primordial de rassurer et de clarifier le cadre et les règles.
- La relation à l’autorité et l’exercice d’influence (storming): les membres du groupe vont tenter de trouver leur place, se positionner davantage, se heurter les uns aux autres, tester la solidité de l’animateur, pour se sentir en sécurité. Des affinités se créent, certaines personnes cherchent à exercer du contrôle sur le groupe. Il importe de réguler les relations en faisant s’exprimer les désaccords au besoin et en favorisant une communication ouverte et respectueuse.
- L’élaboration de normes et d’une cohésion de groupe (norming) : les différences sont nommées, acceptées et apposées plutôt qu’opposées ; le groupe développe des normes relationnelles et sait trouver des solutions pour un fonctionnement cohésif. L’animateur facilitera les synergies.
- L’efficacité (performing): Le groupe utilise efficacement ses ressources sans être freiné par des problèmes interpersonnels ; le leadership peut être exercé de manière flexible par différents membres du groupe. Les bilans permettent de valoriser la qualité du travail et des processus de groupe.
En APP, l’importance du climat socio-éducatif, de la sécurité et de la confiance entre les membres du groupe est systématiquement soulignée. La plupart des auteurs insistent sur le rôle du cadre et de l’animateur à cet effet (voir entre autres Rebetez, 2014). Cela correspond avant tout à la première phase.
Gouze (2005) s’est intéressé aux différentes phases généralement traversées par un groupe d’APP. Il a pu, en spécifiant les évolutions observables au cours d’une séance, en distinguer trois :
1) une phase de résistance suivie d’acceptation réciproque, aidée par le cadre et le rôle sécurisant de l’animateur ;
2) une phase d’illusion groupale dans laquelle tout semble possible, qui favorise l’utilisation de l’imaginaire et des associations libres dans l’analyse ;
3) une phase de travail durant laquelle l’animateur va aider le groupe à développer une analyse plus différenciée et « désintriquée » de la pratique.
Pour Gouze (2005, p. 24), « dans l’animation, il s’agit donc de suivre le travail et de permettre la croissance : on ne peut pas sauter des étapes, il y a parfois des retours en arrière. Il s’agit d’un processus en cours : un travail de maturation est à l’œuvre. ». L’évolution du groupe est, à ce titre, un élément central du climat et de sa régulation.
3. Dynamique et interactions de groupe
Pour considérer les aspects de dynamique de groupe et développer leur attention à leur égard, la plupart des animateurs s’appuient sur les connaissances développées dans les champs de la psychologie humaniste, de la systémique, de la psychosociologie ou de la psychanalyse. Rares sont cependant les auteurs qui ont analysé les spécificités de la dynamique des groupes d’APP.
Gouze, parmi d’autres, souligne l’importance de ces aspects pour l’animation. « Il n’y a pas dans un « groupe restreint primaire d’échange » du type groupe d’APP une centration sur le groupe. Il y a, par contre, une dimension groupale de fait. La méconnaître, c’est risquer des dynamiques groupales inadaptées et des décompensations individuelles. Au contraire, prendre en compte cette dimension, c’est se doter d’un outil très puissant pour le travail. » (Gouze, 2005, p. 25).
Il évoque plus particulièrement deux aspects du point de vue de l’animation :
- L’écoute du groupe : il ne s’agit pas de rechercher une maîtrise (illusoire et dangereuse), mais de faciliter la croissance du groupe, d’aider l’expression des peurs et freins qui peuvent être présents, de déjouer certains mécanismes (rationalisation, refoulement, éclatement), de mettre en valeur les liens.
- L’écoute des sujets dans le groupe : l’animateur a pour rôle d’aider à reconnaître les différences au sein du groupe, de permettre à chacun de trouver sa voix, sa place (et non une place qui serait assignée par le groupe).
Un autre aspect réside dans le développement d’une forme de réciprocité entre les participants évoquée par Thiébaud (2018), favorisé par le fait que chacun à son tour peut bénéficier du travail d’analyse par le groupe en lien avec sa pratique. En effet, la mise en œuvre de séances successives d’APP permet à chaque participant de passer du rôle d’exposant à celui de participant et vice-versa.
Par ailleurs, une dynamique de bienveillance est privilégiée en APP. Les tensions sont régulées de manière à ne pas faire obstacle à la confiance requise pour l’implication de chacun. Celle-ci constitue un facteur clé pour que l’APP puisse réellement porter ses fruits. Mais l’homogénéisation de la pensée telle que présente dans le group think n’apparaît pas comme profitable (voir Janis, 1972, qui en a clarifié plusieurs caractéristiques telles que la pression de la conformité, l’autocensure des opinions divergentes et l’illusion de l’unanimité). L’hétérogénéité, la diversité des vécus ainsi que les confrontations entre des apports dissemblants des participants paraissent souhaitables, car porteuses de richesses. Pour être constructives, ces valorisations de la différence nécessitent cependant un climat socio-affectif favorable. L’implication de tous s’effectue ainsi lorsque les craintes de jugements, les hiérarchies implicites ou les tentatives de prise de pouvoir sont réduites voire ont disparu.
Les aspects émotionnels occupent ici une place particulière qu’il faut relever. Dans le cas des dynamiques évoquées précédemment (présence de jugements, hiérarchies, etc.), ils peuvent agir comme des freins potentiels à l’analyse et entraver le développement d’un climat favorable. À l’opposé, les facteurs affectifs, lorsqu’ils sont en lien avec des dynamiques positives d’adhésion, de reconnaissance, de résonnance, peuvent participer aux processus de co-construction du groupe.
Dans le registre des interactions, d’autres facteurs entrent en jeu et peuvent limiter les processus d’intelligence collective. Nous citerons à titre d’exemple la question de la participation libre ou contrainte, le choix des participants (coopté ou imposé), la constitution d’équipes ou de groupes institutionnels (voir Allenbach, 2017 et Rugo Graber, 2017), la présence ou non d’un contenant groupal, l’histoire du collectif et la stabilité ou instabilité du groupe (voir Chocat, 2016).
Sous tous ces aspects, la richesse des interactions présente dans un groupe d’APP semble propice au développement de l’intelligence collective sous ses diverses formes, pour autant que celles-ci aient atteint un certain degré de maturation et que les régulations nécessaires soient possibles. La dynamique de groupe, si elle participe à l’accroissement potentiel de l’IC, est de notre point de vue indissociable des éléments évoqués précédemment (constitution du collectif et évolution du groupe).
4. Intersubjectivité et altérité dans l’APP en groupe
Certains écrits mettent en avant le fait qu’en APP, le travail concerne notamment la singularité des pratiques, la subjectivité de l’acteur et les vécus relationnels. Pour Cifali (2014, p. 23) qui développe une approche clinique : « dans l’analyse de pratiques, il y a un présupposé qui engage le formateur à reconnaître que la subjectivité dans l’action ne peut pas être éludée. En parlant de subjectivité, nous optons pour une définition du sujet comme ne pouvant exister sans intersubjectivité, d’un sujet constamment fabriqué par le monde et ses événements, mais pas déterminé au point de n’être qu’une pâle réplique des mouvements qui le dépassent. ».
L’entrée dans l’analyse de la complexité et de la singularité de la pratique de chacun, passe par la reconnaissance de l’autre dans sa subjectivité et l’acceptation de la sienne. Le climat socio-affectif se fonde ainsi sur le développement, plus ou moins présent, d’une éthique de l’altérité, éthique se structurant autour de la reconnaissance, de la valorisation et de la différence présente par et grâce à l’autre. L’accueil de cette altérité en tant que fait, objet et moyen de la co-construction participe dans ce cadre à la dynamique d’interaction tout autant dans ses dimensions affectives que cognitives.
La richesse de la différence et des interactions qui découlent de cette éthique peut être à l’origine de l’émergence de l’IC.
5. Écoute empathique, questionnement constructif et réflexivité dans le groupe
Les aspects d’écoute et de questionnement sont fréquemment abordés dans les écrits traitant de l’APP. Les auteurs y étudient la nature de ces aspects et leur implication dans les processus d’analyse. La qualité de l’écoute et la capacité à questionner l’autre notamment sont évoquées comme des éléments déterminants de l’analyse. Ainsi, écouter autrui dans l’expression de sa subjectivité et le questionner en faisant l’effort de chercher à le comprendre incarnent une approche empathique décrite comme une capacité essentielle pour constituer le collectif et entrer dans des interactions constructives. En ce sens, ces éléments nous apparaissent comme potentiellement moteurs dans le développement de l’IC.
Les déplacements opérés dans cette logique empathique sont aussi de nature à favoriser une prise de recul par rapport à soi, car ils peuvent renvoyer chacun à son propre fonctionnement et positionnement. Mais cette attitude réflexive ne se limite pas à la seule analyse du processus empathique et de ses conséquences. Elle se développe sur de multiples objets de réflexion (Vacher, 2014, 2015 ; Guillemette, 2017 ; Thiébaud, 2018) et concourt à l’enrichissement des interactions entre les participants au groupe d’APP. À titre d’exemple, la capacité à réfléchir collectivement sur le fonctionnement du groupe au cours d’une séance en fait partie.
Ainsi, les phases ou temps d’analyse méta qui peuvent être mobilisés dans les différents dispositifs d’APP permettent aux participants de développer des interactions constructives dans un registre complémentaire à celui de l’analyse de la pratique. Dans ce cadre, la réflexivité, nourrie par les déplacements empathiques et les interactions, semble pouvoir offrir un terreau fertile à l’émergence de l’IC.
En résumé
Les cinq aspects évoqués peuvent favoriser l’émergence d’intelligence collective dans les groupes d’APP.
Avec la maturation du groupe, ils peuvent permettre au travail d’APP de prendre une dimension nouvelle : progressivement, les questionnements se fécondent mutuellement et les participants expérimentent la richesse d’une démarche qui leur offre l’occasion de développer ensemble leur capacité d’analyse et d’explorer pas à pas des perspectives plus ou moins inédites.
Références bibliographiques citées
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Cieutat, P. (2014). Un Groupe d’analyse de Situations Parentales. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 5, pp 60-73. https://www.analysedepratique.org/?p=1567.
Chocat, J. (2016). L’analyse de pratiques professionnelles : essai de clarification. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 8, pp 31-41. https://www.analysedepratique.org/?p=2184.
Cifali, M. (2014). Brefs repères pour l’analyse des pratiques professionnelles. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 2, pp 20-27. https://www.analysedepratique.org/?p=1014.
Clerc, N. et Roche, D. (2017). Les atouts et les limites de la ritualisation dans la mise en place d’un dispositif d’analyse de pratiques professionnelles. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 10, pp 106-118. https://www.analysedepratique.org/?p=2450.
Faingold, N. (2014). Un dispositif d’analyse de pratiques centré sur la question que se pose le narrateur. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 3, pp 3-12. https://www.analysedepratique.org/?p=1221.
Gouze, B. (2005). La prise en compte de la dimension groupale dans l’animation d’un groupe d’Analyse de Pratiques Professionnelles. In (In)novatio : revue de l’innovation pédagogique à Paris. Robo, P. & Thiébaud, M. (dir.). (Se) former à l’analyse de pratiques professionnelles. Hors-série No 3, pp 14-25.
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Guillemette, S. (2017). Modalités pour le démarrage d’une démarche d’analyse de pratique et de réflexivité selon une perspective de bienveillance. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 10, pp 119-132. https://www.analysedepratique.org/?p=2452.
Janis, J. (1972). Victims of Groupthink. Boston : Houghton Mifflin.
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Vacher, Y. (2018). 1+1 ça fait combien en APP ? Effets possibles du groupe sur la dynamique de l’analyse. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, 12, pp 4-12. https://www.analysedepratique.org/?p=2864.